Comment j’ai appris à arrêter de me prendre la tête pour un rien

Comment j’ai appris à arrêter de me prendre la tête pour un rien

J’étais une très très grande stressée de la vie. J’avais tendance à faire des crises de panique régulièrement, à me mettre à pleurer, à devenir acerbe, tempétueuse, susceptible, colérique pour des choses qui me paraissent aujourd’hui très insignifiantes. Par le biais d’une petite auto-psychanalyse, beaucoup de lectures, un brin de maturité et un bon lot de prise de recul, j’apprends petit à petit à me détacher de cet état de stress permanent. Je suis toujours un peu psycho-rigide, j’aime toujours autant être organisée et j’ai un peu peur de l’imprévu mais soit, j’apprends progressivement à lâcher prise et ça fait du bien!

En premier lieu, j’ai travaillé sur mon mindset. J’ai appris à voir le verre à moitié plein et non pas à moitié vide, à chérir chaque jour les petits moments de bonheur du quotidien. J’ai compris que la positivité était le meilleur moyen d’être heureux. Le négatif n’attire que le négatif. Penser positif et la vie vous le rendra. Peut-être pas instantanément, peut-être pas de façon explicite, mais elle vous le rendra.

 

Ensuite, à l’arrivée à l’université, j’ai fait face à un environnement un peu particulier. Déjà scolairement parlant, je trouvais l’environnement beaucoup plus concurrentiel, même implicitement et inconsciemment. Surtout, j’ai découvert des exigences scolaires auxquelles je n’étais pas habituée, j’ai rencontré des gens hyper intelligents qui avaient une vivacité de réflexion telle qu’ils avaient déjà levé la main que mes neurones n’avaient même pas encore eu la chance de se connecter. Et ça m’a mis un stress énorme. Sauf qu’aujourd’hui, avec le recul, après autant d’années passées sur les bancs de l’école qui se sont toujours bien passées, je me dis qu’il n’y a vraiment aucune raison que je n’y arrive pas. L’école n’est pas spécialement faite pour nous rabaisser, surtout dans les études sup. Je trouve qu’il y a un véritable tournant après le lycée. Qu’à partir du moment où l’on fait ce que l’on aime, que l’on voit à peu près où on a envie d’aller, on augmente sa propension à réussir. Et je pense finalement que l’échec est juste un signe que l’on n’est pas où l’on est censé être, et qu’on est libre d’en changer. On ne devrait pas être stressé par le travail qui est attendu de nous ; si on a atterri là où on est, si ça nous plaît, si ça fait un an, deux ans, trois ans ou plus qu’on est dans la même filière, la même école, on devrait simplement se dire qu’il n’y a aucune raison de ne pas réussir.

 

Dans ma vie personnelle ensuite, j’ai eu beaucoup de mal avec l’abandon et le changement. J’en ai parlé plusieurs fois, mais j’ai fait un gros travail sur moi pour me rendre compte que ce n’est pas parce que quelqu’un quitte notre vie que le monde va s’arrêter de tourner ! Au contraire. Les gens vont et viennent dans notre vie, certains restent plus longtemps que d’autres. Certains s’en vont alors qu’on n’était pas prêt à les laisser partir. Chaque personne qui passe nous apporte quelque chose en plus : une expérience, une leçon, une vision de la vie. On se nourrit de tout ce que les rencontres nous apportent et ce que nous sommes n’est, au final, que la somme de toutes ces petites expériences engrangées. J’ai appris à me rendre compte que c’est impossible de ne pas « trouver aussi bien que cette personne ». Qu’en réalité, personne n’est irremplaçable.  Il y a des personnes qui sont dans nos vies parce qu’elles correspondent à ce qu’on recherche à un instant T. Mais il se peut que les aspirations de cette personne changent, et les nôtres aussi. Parfois le timing n’est pas le même, il faut apprendre à l’accepter. Accepter que certaines personnes aient besoin de partir, ne pas le prendre personnellement, et se tenir prêt à en accueillir d’autres. Il y a quelque chose de fondamental dans le bien fondé des relations, c’est la réciprocité. Si deux personnes ne sont pas sur la même longueur d’onde, (« je l’aime plus qu’il ne m’aime », « j’ai envie de le voir mais il m’ignore », « je ne comprends pas pourquoi il ne veut pas plus », « on ne cherche pas la même chose »), c’est là que l’on commence à être blessé ou à blesser. Alors le meilleur conseil dans ce cas-là, c’est de communiquer. Arrêter de suranalyser et poser la question pour en avoir le cœur net. Même si on a peur de la réponse, même si on a peur de tout gâcher. Si les choses sont vouées à fonctionner, elles trouveront le chemin toutes seules ! et ce n’est pas un message pour se rassurer qui se mettrait en travers de la route. J’ai perdu beaucoup de temps à tergiverser, à me demander si ce message signifiait ça, à chercher les sous-entendus derrière les attitudes pour au final, soit tomber des nues, soit me faire des montagnes pour rien. C’est très malsain. Quand on se confronte à la réalité, qu’on arrête de vivre dans une illusion ou un non-dit, on apprend davantage à accepter cette réalité, à faire le deuil de ce qui a été, ou n’a pas été, à aller de l’avant, à pardonner, à oublier. Surtout, il faut éliminer les personnes toxiques de nos vies. C’est un gros travail sur soi que de couper les ponts avec quelqu’un qui nous fait du mal mais pour qui on a réellement des sentiments. Je suis bien placée pour le dire, je suis très bornée de ce côté-là et j’ai un peu tendance à trouver des excuses à tous les vices des êtres humains. Mais on a tous des sentiments, et quelqu’un qui se joue de nous ce n’est pas ok! Il y a un point de non-retour à partir duquel on ne peut plus accepter d’être ballotté de droite à gauche, de servir de plan B, de ne pas savoir ce qu’on va faire de nous, de marcher sur des oeufs, de vivre sur un fil instable qui peut casser d’un jour à l’autre, sans explication, « merci au revoir, c’était cool, tu m’intéresses plus, j’ai plus envie, belle vie ».

 

Enfin, mon dernier conseil serait de profiter de l’instant présent. J’ai passé mon année au Canada à me réjouir de ce qui allait arriver sans vraiment chérir ce qui se passait là, sous mes yeux. J’avais hâte pour des évènements qui se dérouleraient dans deux jours, un mois, trois mois. Je comptais les jours qui me séparaient de cette date. D’un côté, cela me permettait d’avancer, de me fixer des objectifs, de réaliser le temps qui s’écoulait. Mais à force de trop courir après le temps, on en oublie de profiter réellement de l’instant présent. A vivre un pied au présent et un pied dans le futur, on est dans un équilibre instable qui ne nous permet pas d’exploiter pleinement nos capacités à l’instant T où nous sommes. Il faut également arrêter de s’imposer des objectifs qui n’ont pour vocation que de rattraper un soi-disant temps perdu.  C’est justement en regardant trop vers demain qu’on passe à côté de toutes les opportunités qui s’offrent à nous chaque jour. Dans cet ordre idée, il est important de noter que chacun a son propre timing. Pendant longtemps, je me suis braquée dans l’idée que je n’avais rien vécu. Que je n’avais pas eu l’archétype de l’adolescence louée dans les teen movies. Je comparais ma vie à celle des autres et je l’enviais. Sauf que j’aimerais bien dire à la Mathilde de 17 ans qu’aujourd’hui à 21 ans, j’ai arrêté d’avoir l’impression de ne pas avoir assez vécu, de ne pas avoir engrangé les bonnes expériences au bon moment. Aujourd’hui, je suis très heureuse de ma vie, des choix que j’ai faits, de là où je suis et de là où je vais. Je suis à ma place, et au final je l’ai toujours été, à mon propre rythme. C’est très usant d’avoir toujours l’impression de ne pas être au bon endroit, et à essayer de se battre contre des forces invisibles pour essayer d’en changer. Sauf que je pense que si on fait les choix qu’on fait à un moment ou à un autre, c’est qu’on était prêt pour les faire ou au contraire ne pas les faire. Tout vient à point à qui sait attendre. Vous rencontrerez des personnes qui auront tout vu, tout fait à 20 ans et d’autres qui seront encore perdues à 40 ans. La vérité c’est que personne n’a besoin d’avoir toute sa vie « figured out » à 30 ans. Il n’y a pas d’âge pour la maturité, pas d’âge pour l’accomplissement de soi, pas d’âge pour la (re)découverte de soi, comme il n’y pas d’âge pour affirmer sa personnalité ou ses choix. On peut toujours revenir en arrière, comme on peut toujours évoluer. Et si ce n’est pas à 18 ans, ce sera à 25 ans, et ce sera tout aussi bien puisqu’on sera prêt.

Photo : Grande Mosquée de Paris (bon havre de paix si vous êtes stressés)

A bientôt,

Mathilde



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