Mes livres préférés

Mes livres préférés

Quand j’étais petite, on disait de moi que je dévorais les livres. Si j’ai abandonné certaines de mes activités d’enfant, il y en a une qui ne m’a pas quittée et c’est bien la lecture. Je préfère 100 fois me plonger dans un bon livre, me faire ma propre idée des lieux, des personnages, de l’atmosphère. M’évader en un sens dans mon propre univers et me faire ma propre interprétation des choses. Et comme on m’a souvent demandé quels étaient mes livres préférés, je me suis dit que j’en ferais bien un article à alimenter régulièrement. Cette liste ne constitue pas pour autant un classement parce que je les aime évidemment tous autant les uns que les autres et dans leur plus parfaite singularité.

– Le bonheur national brut de François Roux –

En résumé : 10 mai 1981, François Mitterrand est élu, la France bascule à gauche, saisie d’émoi. Pour Paul, Rodolphe, Benoît et Tanguy, dix-sept ans à peine, pas encore le bac en poche, tous les espoirs sont permis, même au fin fond de leur province bretonne. Vivre son homosexualité au grand jour et monter à Paris pour Paul ; embrasser une carrière politique pour Rodolphe ; devenir photographe pour Benoît, fils d’agriculteurs ; suivre la voie de Bernard Tapie pour Tanguy. Trente-et-un ans plus tard, que reste-t-il de leurs rêves, au moment où le visage de François Hollande s’affiche sur les écrans de télévision ?
Le Bonheur national brut dresse, à travers le destin croisé de quatre amis d’enfance, la fresque sociale, politique et affective de la France de ces trois dernières décennies. Roman d’apprentissage, chronique générationnelle, le texte de François Roux réussit le pari de mêler l’intime à l’événementiel d’une époque, dont il restitue le climat avec une sagacité et une justesse percutantes.

Pourquoi je l’aime : Je vous en avais déjà parlé dans un précédent article sur mes livres de l’été dernier. Un an après, ma passion pour ce livre est toujours intacte. C’est une histoire sur le temps qui passe, mais aussi une histoire sur l’amour, sur l’amitié, sur les rites de passage, sur l’évolution de notre âme d’enfant et sur la vie, tout simplement. C’est beau parce que c’est réaliste et c’est épanouissant parce qu’ancré dans l’Histoire politique et sociale française des années 80 à nos jours. Et si le ton paraît plutôt intellectuel, il est en fait très accessible à tout un chacun capable de prendre du recul sur son propre chemin parcouru.

Ma citation préférée, qui résume en quelques phrases la philosophie générale de ce livre : « Les années vous débarrassaient de l’inconstance et de la précarité naturelle de l’adolescence. Elles vous sculptaient un visage neuf qui n’était pas tant l’empreinte du temps que la véhémente affirmation de ce qui se dissimulait sous les apparences et l’abandon de l’inutile au profit de l’essence même de l’être. On ne vieillissait que pour devenir ce que l’on était déjà, au plus profond de soi. »

– L’Italienne d’Adriana Trigiani –

En résumé: Enza et Ciro ont grandi à quelques kilomètres l’un de l’autre mais se rencontrent pour la première fois au début du XXe siècle dans les Alpes italiennes. Ciro est bientôt contraint de partir à New York pour devenir apprenti chez un cordonnier à Little Italy. De son côté, Enza s’installe également aux Etats-Unis pour aider les siens à sortir de la misère. La Première Guerre mondiale éclate.

Pourquoi je l’aime : Vous pourrez vous en rendre compte au fil de l’article mais j’ai deux très grandes passions littéraires, à savoir les histoires d’amour et les romans historiques. Par roman historique, j’entends un roman qui s’ancre dans une époque particulière et qui permet de comprendre le contexte socio-économique du récit. Ici, c’est l’immigration italienne vers les Etats-Unis dans les années 20. Comme j’adore l’histoire des Etats-Unis du 20èmesiècle et l’Italie sous tous ces aspects, c’était le nec plus ultra du contexte historique haha. En fait, ce livre est un véritable bijou d’émotions et de justesse. On est maintenu en haleine tout du long, autant dans l’évolution de cette histoire d’amour que dans la dureté de cette époque charnière qu’est l’immigration italienne au début du 20èmesiècle. Rarement un livre ne m’a autant ému. C’est même le livre qui m’a donné envie de recommencer à écrire. Il est ponctué de référence à l’Italie, aussi bien dans les mots que dans les descriptions de paysages. Ce récit, comme un voyage, passe du calme de la campagne italienne au fourmillement du New-York des années 20. C’est une histoire sur le destin et sur la nécessité de toujours suivre son cœur.

– Le gang des rêves de Luca Di Fulvio –

En résumé : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils.
Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

Pourquoi je l’aime : Vous allez me dire que le topo est de la même veine que le livre précédent. Et pour cause, j’ai tellement aimé l’ambiance de l’Italienne que j’ai récidivé en lisant ce livre-là dans la foulée. Mais si le contexte est le même, la dynamique est tout autre. Déjà, l’écriture de Luca di Fulvio est toute particulière. Je suis en train de lire un de ses derniers livres, Les amants de Venise, et il est en passe de devenir un de mes auteurs préférés. Son ton est cru, presque sauvage, il met en exergue les affects profondément humains et primaires des Hommes, sans enjoliver l’histoire. La vie précaire à New York dans les années 20, ce n’était pas « beau », pas « propre. L’auteur ne fait pas de faux-semblant, n’y va pas par quatre chemins. Il parle de la prostitution, du viol, du racket, des trafics avec une justesse et un réalisme déconcertant tout en décrivant l’amour avec énormément d’humilité. C’est aussi un livre sur l’espoir et comme son nom l’indique, sur la nécessité de toujours croire en ses rêves, même les plus fous.

Une citation parmi tant : « La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves. »

– Amore 14 de Federico Moccia –

En résumé: Amore 14, c’est le journal intime de Carolina, adolescente de quatorze ans qui vit à Rome. À ce cahier, elle confie tout, ses doutes et ses espoirs, ses relations avec ses meilleures copines, les disputes dans la famille, notamment entre son frère aîné et son père.
C’est vers son journal qu’elle se tourne quand son grand-père meurt, quand son frère quitte la maison familiale, après une violente scène avec son père. Mais la vie de Carolina, c’est aussi des coups de cœur.
Notamment pour Massimilliano, qu’elle a rencontré dans un magasin de disques. Un seul regard et c’est le coup de foudre. Il la suit hors du magasin, lui offre un CD, lui donne son numéro de téléphone. A peine rentrée chez elle, Carolina découvre qu’on lui a volé son portable…
Une vision étonnante de réalisme et de candeur qui dit tout sur l’allégresse des premiers troubles de l’adolescence, sur ses cruelles désillusions aussi, avec une exquise tendresse…

Pourquoi je l’aime : ce livre est un peu un ovni dans cette liste mais il me paraissait essentiel qu’il y figure. Ce n’est pas vraiment de la littérature adulte, et pour cause, je l’ai lu maintes et maintes fois pendant mon adolescence. Mais qu’est-ce que j’ai adoré ce livre ! Parce que je suis une amoureuse de l’Italie, et en particulier de Rome, je me suis délectée de la description de tous ces beaux endroits qui font que j’adore cette ville. Evidemment, c’est une histoire sur le premier amour, les premières déceptions, les amitiés plus fortes que tout. Le ton est léger, mais à chaque fois que je le croise dans ma bibliothèque, je me souviens à quel point il me fait rêver et à quel point j’aurais bien aimé être Carolina à 14 ans, batifolant dans Rome avec ma Vespa, les Finley en fond sonore.

– Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia –

En résumé: Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau.
Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre.
Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.
Roman de génération, reconstitution minutieuse d’une époque, chronique mélancolique d’une adolescence : Jean-Michel Guenassia réussit un roman étonnant tant par l’ampleur du projet que par le naturel dont il s’en acquitte.

Pourquoi je l’aime : Prix Goncourt des Lycéens, l’écriture de Guenassia est juste délicieuse. Une ode à la littérature, aux intellectuels et à la douceur de vivre. A la douceur de lire, d’échanger, de partager, à la douceur d’être entouré, à la vivacité et l’ouverture d’esprit. Mais une histoire qui est aussi lucide, ancrée dans son époque. Un mélange d’art, de plaisir, d’amour et d’amitié. En fait, je ne pourrais pas vous décrire ce livre, je l’ai juste adoré pour ce qu’il est : un livre d’une justesse incroyable et fantastiquement écrit, qui érige la lecture compulsive en philosophie de vie.

Une citation : « J’étais un lecteur compulsif. (…) Je lisais en marchant. Il me fallait quinze minutes pour aller au lycée. C’était un quart d’heure de lecture qui s’étirait en une demi-heure ou plus. J’arrivais souvent en retard. (…)
J’ai fini par classer les écrivains en deux catégories : ceux qui vous laissaient arriver à temps et ceux qui vous mettaient en retard. Les auteurs russes m’ont valu une ribambelle de colles. La période Tolstoï a été un mois noir. La bataille de Borodino a entraîné trois heures de colle. Quand, quelques jours plus tard, j’ai expliqué à l’appariteur que mon retard était dû au suicide d’Anna Karénine, il a cru que je me foutais de lui. J’ai aggravé mon cas en avouant que je n’avais pas compris pour quel motif elle se suicidait. J’avais été obligé de revenir en arrière par peur d’en avoir manqué la raison. Il m’a collé pour deux jeudis : un pour ce énième retard, l’autre parce que c’était une emmerdeuse qui ne méritait pas autant d’attention. »

– Beatles de Lars Saabye Christensen –

En résumé: Quatre amis, Kim, Gunnar, Ola et Seb, sont réunis par leur passion pour les Beatles. Ballottés entre histoires d’amour balbutiantes, rêves de grandeur et petites déceptions du quotidien, ils ont quinze ans et sont inséparables. Leurs aventures jusqu’à l’âge adulte sont racontées par Kim, le plus ambitieux mais aussi le plus fragile. Chaque chapitre a pour titre et pour thème une chanson des Beatles.
La guerre du Vietnam a beau indigner les foules, Paris vivre sous les barricades et la Norvège hésiter à rejoindre la Communauté européenne, les quatre copains iront toujours trinquer sur quelques accords à la santé du groupe mythique de leur jeunesse.

Pourquoi je l’aime : J’ai acheté ce livre à Oslo, lors d’un road-trip en Norvège. J’adore acheter des livres dans les pays que je visite et qui se déroulent dans ce pays, pour m’ancrer encore davantage dans l’atmosphère de mes vacances.« Chaque chapitre a pour titre et pour thème une chanson des Beatles. » : c’est la meilleure partie de ce livre. J’adore la musique, j’adore les Beatles, j’adore la Norvège, les années 60-70. J’adore les histoires d’amitié, les histoires d’amour, le temps qui passe et les évolutions socio-historiques. Plus j’écris cet article, et plus je me rends compte que je lis à peu près toujours les mêmes styles de livres haha. Mais ce livre-là encore une fois, c’est un peu tout ça à la fois. Dans la même veine que le Bonheur National Brut mais en version norvégienne, la description des paysages à couper le souffle en plus.

– Where rainbows end de Cecelia Ahern –

En résumé : Sur les bancs de l’école, Rosie et Alex s’étaient juré de ne jamais de séparer. Leur existence bascule pourtant le jour où le jeune garçon déménage avec ses parents aux Etats-Unis. Cet éloignement forcé sera le premier d’une longue série d’imprévus, comme seule la vie sait en réserver, et les deux « amis » devront apprendre à y faire face. Au fil de leur correspondance, les non-dits et les rendez-vous manqués se devinent… Serait-il possible qu’au plus profond d’eux-mêmes, Rosie et Alex pensent toujours à leur vieux serment? Mais si parler d’amour est une chose, trouver le moment opportun, dans une vie qui les dépasse, en est une autre…

Pourquoi je l’aime : j’ai lu ce livre en anglais bien avant qu’il soit médiatisé avec sa sortie en film (Love Rosie avec Lily Collins que j’adore). Dans la même veine que le film « Jeux d’Enfant » (avec Marion Cotillard et Guillaume Canet) j’ai beaucoup aimé ce livre en grande partie parce que je m’y suis beaucoup identifié. C’est un roman qui fonctionne de façon épistolaire et qui nous fait voyager entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Encore une fois c’est une histoire d’amour, et sur l’irrémédiable nécessité d’aller au bout de ses convictions. C’est aussi une histoire sur le destin et sur la façon qu’il a parfois de nous jouer des tours. C’est beaucoup plus léger que la grande partie de cette liste. Ca se lit très vite mais il reste très émouvant et touchant.

 

Et vous, quels sont vos livres préférés ?

Mathilde



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