Mon combat contre l’acné bis : mon traitement sous Roaccutane

Mon combat contre l’acné bis : mon traitement sous Roaccutane

Janvier débute sur les chapeaux de roue avec un super sujet ultra glamour pour débuter l’année : l’acné. Pour ceux qui me lisent depuis quelques temps, j’avais écrit un article ici (il y a exactement 2 ans!) sur ô combien l’acné affectait mon quotidien depuis mes 15 ans et mon incapacité croissante à la combattre.

Je me souviens avoir conclu cet article en disant que je me sentais incapable de débuter le seul traitement dermatologique qui semblait pouvoir me guérir à savoir Roaccutane et que je préférais prendre rdv chez une naturopathe à la place. Je vous ai laissé un peu exsangue et sans info depuis lors mais je m’exécute aujourd’hui.

Reprenons du début : le rendez-vous chez la naturopathe

En deuxième année d’études supérieures, je me résous donc à prendre rdv chez une naturopathe à Strasbourg. Proche de mes convictions écologiques et personnelles, j’étais vraiment motivée à reprendre le contrôle de ma peau. Je me suis beaucoup documentée (et continue toujours de le faire) sur les démarches holistiques et les bienfaits des méthodes naturelles pour résoudre nos maux du quotidien. Je suis d’ailleurs toujours convaincue que le corps est une entité avec de multiples divisions et que chacun de ses organes a un impact sur les autres. Par exemple, si je suis sensible au lactose, consommer un produit laitier peut être répercuté dans notre corps par de l’acné, mais aussi des maux de ventre, des bronchites à répétition, des maux de tête…en fonction des faiblesses de chacun. Il est évident que mon acné était avant tout hormonale. Je pense l’avoir précisé dans mon précédent article, mais j’étais à l’époque sous pilule anti-acné depuis six mois, la Triafémi, mais je n’ai constaté aucune amélioration ni dégradation de mon acné. Evidemment, la pilule est un no-go pour les naturopathes puisque ça obstrue considérablement le foie, qui est du coup engorgé et le retraduit sur notre petit corps par exemple avec des boutons d’acné ! La naturo a donc axer mon traitement sur des gélules et des solutions à boire pour désengorger le foie et l’aider à mieux éliminer, notamment éliminer cette ingestion d’hormones. La naturopathie c’est très long ! Il peut s’écouler de longs mois voire des années avant que le traitement ne soit probant. J’ai continué mon traitement naturopathique pendant un an (février 2017-février 2018) mais je ne voyais pas de résultats. Entre temps, j’en ai profité pour arrêter la pilule et on a pu commencer à traiter l’équilibre hormonal (qui jusqu’alors était biaisé par la prise de la pilule). Rien n’y faisait ! Je crois dur comme fer aux méthodes naturelles mais je ne voyais vraiment aucun résultat. C’était frustrant. (Je vais essayer de publier prochainement un article sur mon approche de la naturopathie). Entre temps je suis partie au Canada, et c’est là que les véritables problèmes ont débuté.

Le début de l’enfer : ma vie au Canada

Je suis partie vivre au Canada entre septembre 2017 et mai 2018. 9 longs mois où mon acné a pris une tournure que je n’avais jusqu’alors jamais connue. En y pensant, j’en ai presque les larmes aux yeux tellement cela a été dur pour moi de voir mon visage se transformer, ma peau se dégrader sans que je ne puisse rien y faire. Je me sentais impuissante, en plus si loin de chez moi. L’échange aidant, j’ai réussi à mettre de côté le regard des autres et mon propre regard un tant soit peu. Néanmoins, et je le répète souvent, on ne se rend pas compte de l’impact que l’acné peut avoir sur notre estime de soi. J’étais arrivée à un point où je me sentais constamment jugée pour mes boutons. L’acné avait clairement évolué : j’avais une multitudes de microkystes sur les joues et la mâchoire (acné hormonale <3), rouges, douloureux. Ils formaient comme d’immenses plaques qui ont même commencé à s’étendre au cou (toujours glamour toujours). Vraiment, quand j’étais plus jeune, je me rassurais avec des images d’acné plus « grave », sauf que l’acné plus grave maintenant, à 20 ans, c’était moi !!! Il faut savoir que cette poussée est apparue au début de mon échange, avant que j’arrête la pilule, donc je n’ai pas tissé de liens directs. Je pense que je n’arriverais jamais vraiment à déterminer l’origine de cet acné, ce qui me frustre, parce qu’il y aura toujours derrière ma tête la peur qu’elle puisse revenir.

Re-venir ? J’ai donc résolu mon acné ????

Tel est le véritable sujet de cet article. L’épée de Damocles qui pendouillait au-dessus de moi depuis mes 15 ans s’est finalement abattue sur moi en septembre (on va stopper la métaphore ici je pense). Après un premier été dans le monde professionnel où avoir de l’acné n’a pas été évidemment pour ma confiance en moi tous les jours, j’ai décidé que c’était l’été de trop à être pleine de boutons. Je suis arrivée en septembre, déterminée à commencer le traitement Roaccutane. La dermato n’a même pas eu besoin de me convaincre, je buvais ses paroles. Grosso modo, Roaccutane (ou ses génériques) est un traitement lourd. Il nécessite la prise obligatoire d’une contraception pour les femmes (reprise de la pilule youhou), des tests de grossesse tous les mois ainsi que des prises de sang mensuelles. Il y a également un suivi dermatologique à raison d’un rdv par mois et des délais très précis à respecter pour la prescription de chaque nouvelle boîte. Elle n’est prescrite par la dermato que pour un mois et dans les sept jours suivants un test de grossesse négatif, tout un programme ! En septembre c’est parti pour 6 à 8 mois de traitement. Il faut également noter, et c’est connu, que c’est un traitement lourd en termes de compo et d’effets secondaires, pouvant aller de la simple sécheresse des lèvres (inévitable) à des douleurs dorsales, articulaires, voire de la dépression. Pas très réjouissant.

On dirait que je prends ce traitement à la rigolade mais pas du tout. La vérité, et beaucoup de personnes me l’ont d’ailleurs souligné, c’est que prendre un traitement antibiotique aussi lourd est vraiment très loin de mes convictions. Mais parfois il faut aussi penser à sa santé mentale. Aujourd’hui à la moitié du traitement, je n’ai plus de boutons, simplement des marques, et je revis. Clairement, je n’ai jamais ressenti ça en me regardant dans le miroir. Ca a changé ma vie, réellement. Je n’ai plus peur du regard des autres, plus peur de sortir sans maquillage, je ne désespère pas d’essayer tous les mois de nouvelles crèmes, de nouvelles techniques, dépenser des mille et des cents dans des crèmes inutiles, pleurer parfois à l’apparition d’un énième bouton, et les douleurs, la peau qui tiraille, la poudre qui s’écaille et qui fait des marques horribles, les remarques de gens qui ont oublié de grandir, et le regard des autres. Je suis une nouvelle personne dans ma tête et je suis si heureuse!! Cela peut paraître complètement superficiel mais ça me bouffait la vie, et je sais qu’on est beaucoup dans ce cas.

Pour en revenir au traitement, je suis actuellement presque à 4 mois, donc à mi-parcours et je suis à 40mg. J’ai fait 30-35-35 les trois mois précédents, pour ceux à qui ça parle. En termes d’effets secondaires, je suis extrêmement chanceuse. Je m’hydrate h24 les lèvres jusqu’à avoir des moustaches de baume à lèvres lol mais sinon à part ça tout va bien ! Quelques douleurs dorsales de temps en temps, mais ça reste supportable. Evidemment, mon avis est fortement influencé par le fait que le traitement se passe bien. Néanmoins, ma dermato m’avait dit une phrase qui résonne souvent dans ma tête : les effets secondaires sont aussi motivation-dépendants. Et je pense que c’est vrai. Jamais je ne me serais vue faire ce traitement à 16 ans. Je suis contente d’avoir attendu, d’avoir mûri. Je ne voulais pas y aller à reculons, sinon il y a toutes les chances que cela se passe mal. Cela demande beaucoup d’organisation, beaucoup de prise de recul sur soi aussi, si cela se passe moins bien et beaucoup de maturité. Vraiment, si vous n’êtes pas sûrs, ne le faites pas ! Mais si vous êtes déterminés à en finir et prêts à tout, si le médicament ne vous rebute pas, allez-y et parlez-en à votre dermato. Il y a effectivement beaucoup de travers à ces médicaments (comme pour tous d’ailleurs), mais la joie que me procure cette renaissance de peau est sans commune mesure !

Je continue néanmoins à drainer mon foie avec des cures de radis noir parce que le combo médoc + pilule n’est pas hyper clean pour l’élimination.

On se retrouve dans quelques mois pour la suite et j’espère fin de ce volet acné. Je serais très heureuse de répondre à vos questions comme j’ai adoré pouvoir le faire avant le traitement. Parfois il suffit d’une expérience positive d’un proche pour changer d’avis sur la question, c’est ce qui m’est arrivé, et je suis ravie aujourd’hui.

NB : Evidemment, je ne néglige pas l’impact de ce traitement ni ses retombées. Je partage ici mon expérience et essaye de dédramatiser un traitement lourd, qui peut certes, rebuter, mais parfois changer une vie. Je n’incite personne à suivre un traitement aussi lourd sans y réfléchir et sans être suivi par un dermatologue. De plus, il s’adresse aux acnés très sévères et je déconseillerais fortement de suivre ce genre de processus pour des acnés légères et modérées. La décision ne tient évidemment qu’à vous 🙂

Bisous,

Mathilde et sa nouvelle peau

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *