Plaidoyer pour le pessimisme : réseaux sociaux et vie réelle

Plaidoyer pour le pessimisme : réseaux sociaux et vie réelle

Hello à tous,

On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article. Et le temps maussade me donne envie de parler de pessimisme et de vie. Car, comme le disait Rostand, “Je me sens très optimiste quant à l’avenir du pessimisme.

Attention, ceci n’est en rien une critique contre les réseaux sociaux, la joie de vivre, la bonne humeur ou le bonheur.

 

On est aujourd’hui dans une société qui nous pousse à la perfection

 

On est aujourd’hui dans une société qui nous pousse à la perfection. Qui nous pousse au beau, au mirobolant, au sans rayures et sans bavures. Il faudrait avoir la décoration parfaite, la tenue parfaite, les présentations de plats on fleek, la relation de couple parfaite, les plus beaux bébés, les plus beaux animaux de compagnie. Bien sûr, les réseaux sociaux nous poussent davantage à cette surconsommation de beau, et c’est normal en soi. Qui aurait envie d’un feed rempli de photos de nous en jogging, pâle, le nez rougi par la grippe ? C’est devenu simple, le seul leitmotiv qui vaille est le suivant : on ne partage que si tout va bien. Oui mais le problème, c’est qu’on a tendance à assimiler cette perfection passagère à un mode de vie permanent. Or ce n’est pas le cas. La vie ce n’est pas toujours rose, et c’est tout à fait normal !

 

Des fois la vie n’est pas un réseau social

 

Des fois la vie n’est pas un réseau social. Il arrive que des fois, on soit obligé de manger une soupe lyophilisée parce qu’elle allait périmer le lendemain, goût asperges, couleur feuille décrépie pas du tout instagrammable. Parfois, le premier jour des soldes, notre esprit ne se dirige pas vers la nouvelle tong à plateforme en cuir d’ananas en soldes à -2,3%. Mais vers un nouveau lave-vaisselle parce que voilà, l’ancien vient de lâcher et tout l’appart est inondé. Et puis des fois, ton mec est la personne qui a la dernière minute, t’annule ton week end chill plage poney à Deauville. Parce qu’il y a le dernier multiplex de Ligue 1, c’est qu’une fois par an quand même, la fin de saison (bouh les clichés, mais c’est pour vous donner une idée). Parfois aussi, notre chanson la plus écoutée sur iTunes n’est pas l’étoile montante de la scène pop indépendante indochinoise, mais plutôt l’intégral de Claude François, parce que voilà, pour ranger un peu la maison, c’est toujours bien entraînant. Des fois encore, on en est même pas à iTunes. Mais plutôt en galère sur clic to mp3 converter et on se débrouille tant bien que mal pour la trouver, cette nouvelle star montante indochinoise.

Et vous savez quoi ? Bah c’est pas grave.

 

« La variété est la source de tous nos plaisirs, et le plaisir cesse de l’être quand il devient habitude. » Evariste de Parny

 

Parfois, c’est pas beau, parfois notre assiette ne va pas avec notre fourchette mais ça n’altère en rien le goût du plat. La vie serait bien nulle si tout était beau. Et surtout, si tout le monde était beau de la même façon. C’est tout à fait normal de ne pas avoir envie de découvrir le dernier club de Cannes à la mode un samedi soir, mais de préférer un bon thé et un film sympa à regarder à deux. La vie c’est aussi la simplicité, et la vie c’est aussi galérer un peu. La réussite est toujours plus douce quand on sait qu’on s’est battu pour l’obtenir. Des fois c’est bon d’être énervé, d’en avoir marre. Parfois c’est complètement acceptable de trouver que notre vie est nulle. Oui soyons pessimistes parfois, soyons maussades, soyons ronchons. Arrêtons de faire croire que tout va toujours bien, que oui oui, on a la peau lisse et la bouche pulpeuse tous les jours au réveil.

Donnons nous le droit de dire que parfois, la vie c’est à chier. C’est moche. Ca donne envie de tout laisser tomber. Que parfois c’est dur et qu’on aurait bien besoin d’un petit remontant.

 

Il est quelquefois bon d’être pessimiste, cela évite un sommeil prolongé.” Mitterrand

 

J’insiste quand même sur la nécessité du parfois. Il ne faut évidemment pas entrer dans un cercle vicieux de dégoût et de haine. Par contre, il y a la vie et les réseaux sociaux. Je ne pense pas qu’il faille nécessairement regarder de travers cette pratique. Celle qui consiste à ne montrer que le meilleur de nos vies. Je crois même que, en un sens, cela nous pousse à être meilleur, créatif, ambitieux. Mais il faut néanmoins savoir faire la part des choses entre ce qu’on y voit et la réalité. Ne surtout pas se mettre la pression. Ne pas dénigrer sa vie parce qu’on a l’impression que tout le monde fait des choses plus cool que vous dans la vôtre. Comme disait Giono, “Ce qui importe c’est d’être un joyeux pessimiste.” Mais sachez que derrière une photo de voyage au bout du monde, il y a toujours des heures de lessive qui les attend au retour. Et même si pour certains ce n’est pas le cas, gardez à l’idée que dans la vie, il y aura toujours une minorité de « plus chanceux ». Mais est-ce que leur vie est plus enviable ? Sur le papier, oui sans doute ! Mais je dirais plutôt, qu’à chaque vie ses plaisirs, à chaque vie, ses galères, et c’est à chacun de, comme dirait Voltaire, de « cultiver son propre jardin ».

« Je ne peux pas changer la direction du vent, mais je peux ajuster mes voiles pour toujours atteindre ma destination.  » Jimmy Dean

 

« Il n’y a de réel et de positif que les plaisirs de la vie. » Mme de Girardin

Je vous laisse avec quelques photos prises lors d’une petite balade en Alsace, pour vous montrer que, si des fois la vie c’est moche, la nature, elle, ne perd pas de sa superbe.

Des bisous,

Mathilde

 



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