Pourquoi je ne serai jamais parfaite

Pourquoi je ne serai jamais parfaite

Je me suis fait cette réflexion l’autre jour, alors que j’entrais dans une démarche un peu psycho rigide de naturaliser et « bio-tiser » l’essentiel des produits que j’utilise pour mon visage. Dans une démarche éco-responsable et de santé également, j’ai depuis quelques mois/années maintenant entrepris de virer mes anciens produits cosmétiques pour des formules naturelles ou du moins bio. Aujourd’hui, les soins que j’utilise au quotidien sont naturels/bio, mais pas mon maquillage. Le fait est que, je n’ai pas encore trouvé chaussure à mon pied concernant le make up bio et naturel. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé ; j’ai acheté une poudre Zao qui est beaucoup plébiscitée sur les blogs, notamment celui de la déesse du naturel « Peau Neuve » mais elle ne me convenait pas. Avec mes problèmes de peaux, je me réfugie encore dans les produits de parapharmacie en me disant que c’est toujours ça de pris par rapport aux produits de grande surface. Le problème derrière ce micro débat avec moi-même, c’est que j’en étais venue à me culpabiliser horriblement de ne pas réussir à me défaire de ces produits. Comme si tous les efforts que je déployais au quotidien n’étaient que vains, puisque je n’allais pas au bout du bout des choses.

Cette petite réflexion pour en venir au fait que j’ai essayé de prendre du recul pour me dire : ce n’est pas grave. Alors d’un certain point de vue, oui c’est grave : le réchauffement climatique, les tests sur les animaux, la pollution, les formules hyper agressives et chimiques pour notre petite peau. Mais je suis une fervente partisane du « chacun à son rythme » et j’ai parfois tendance à oublier qu’il y a quelques années, je ne croyais pas moi-même au bio.

Ce problème touche aux cosmétiques, mais il en est de même pour pleins d’autres domaines.

Prenons le végétarisme. Je ne suis pas vraiment végétarienne. On va dire que je le suis à 95% mais je ne veux pas me coller d’étiquettes, notamment en vertu de ceux qui le sont à 100% ou simplement pour éviter les « mais t’es pas végétarienne ???? » dès que je mange une crevette. L’idée c’est que j’ai très envie de l’être, et je le suis, dès lors que je suis seule ou que ce que je mange n’impacte pas autrui. Alors il m’arrive des fois de faire une entorse au règlement parce que je ne suis pas encore trop au clair par rapport à quelle revendication je veux associer à ce régime alimentaire (protection animale, santé, défense des producteurs locaux, détérioration de la planète, ou bien tout ça à la fois). Bien sûr, il y a des produits sur lesquels je suis intransigeante : viande ou poisson industriel, viande rouge, produits transformés, viande ou poisson dans les fast-food…Et je suis assez contente d’adopter ce rythme aujourd’hui, puisque j’ai l’impression d’avoir parcouru un bon bout de chemin depuis les « mais je pourrais jamais me passer de viande !! » d’il y a quelques années. Mais pourtant, j’en arrive de la même façon à me culpabiliser de temps en temps, par exemple s’il m’arrive de manger un peu de thon dans ma salade de riz.

Ce ne sont que des exemples, mais je pourrais apporter cette même analyse à pleins d’autres choses : la consommation de vêtements, mon équilibre alimentaire, les produits laitiers, le sucre, le sport VS la flemme, l’utilisation de la voiture VS utiliser des transports doux…

Je pense qu’on est dans une culture de la culpabilité. Partout fleurissent des idées mirobolantes pour contrer les problèmes de notre société : arrêter le gluten, arrêter les produits laitiers, en finir avec la voiture individuelle, devenir végétarien/vegan/végétalien, n’acheter que des fripes…pour les plus répandues. Dans le même ordre d’idée, on retrouve également : être une mère exemplaire et faire carrière à la perfection, méditer tous les jours, faire du sport, s’investir dans une asso, cultiver son propre potager… Le fait est que ce sont de super idées ! Et que les problèmes sont bien réels. Mais il faut aussi garder en tête qu’on est tous humains, avec toutes nos petites obligations et nos petites contraintes, physiques, mentales, psychiques, environnementales, sociales etc…

C’est pour ça que je me suis dit : Mathilde, tu ne seras jamais parfaite, tu ne peux pas être sur tous les fronts mais tu sais quoi ? Ce n’est pas grave. Ce n’est pas grave parce que tu n’utilises pas cet argument comme une excuse mais juste comme un mantra pour te dire « je ne suis pas parfaite, mais je fais déjà ça, ça et ça et c’est déjà beaucoup. Dès que j’en aurais les moyens, j’en ferais plus ». Parce qu’il n’y a rien de pire pour se démotiver que de se dire qu’on n’en fait déjà pas assez.

Pour illustrer, une photo d’une très jolie ruelle de Lille.

Très belle soirée,

Mathilde



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